Qu'en est-il des cicatrices suite à une intervention de la gynécomastie ?

Qu'en est-il des cicatrices suite à une intervention de la gynécomastie ?

La gynécomastie est une hypertrophie de la glande mammaire chez l'homme. Parfois douloureux, elle peut entraîner une perte de confiance et des complexes chez l'homme. Il est aujourd'hui possible d'y remédier soit par aspiration s'il s'agit d'une gynécomastie graisseuse soit par exérèse s'il s'agit de la forme glandulaire.

Les deux types de gynécomastie

Pour bien comprendre l'emplacement des cicatrices, il convient de distinguer les deux principales formes de gynécomastie. On cite :

- La gynécomastie glandulaire lorsque c'est la glande mammaire qui s'est développée

- La gynécomastie graisseuse ou adipomastie lorsqu'un amas graisseux a entrainé l'hypertrophie au niveau des seins

Les deux formes peuvent s'associer pour donner l'adipo-gynécomastie. Selon le type détecté chez le patient, l'approche chirurgicale sera différente et l'emplacement des cicatrices le sera également.

Dans le cas d'une adipomastie

Puisque dans une adipomastie, ce sont les cellules graisseuses qui engendrent le développement du sein, le geste chirurgical à adopter est la liposuccion. Le chirurgien va alors réaliser deux petites incisions d'une longueur comprise entre trois et quatre mm. La première incision se situe au niveau de la région axillaire donc sous l'aisselle tandis que l'autre se situe dans le niveau du pli sous-mammaire. Fines et petites comme elles sont, elles laisseront derrière elles des cicatrices punctiformes qui seront d'abord rosées après l'intervention, mais qui finiront par s'estomper pour disparaître complètement après quelques mois.

Avec une liposuccion, le chirurgien ne mettra en place qu'un seul point de suture à l'aide de fils résorbables. Les fils finiront par tomber d'eux-mêmes et le patient n'aura pas à revenir pour les enlever.

Dans le cas d'une gynécomastie glandulaire mixte

La gynécomastie glandulaire ne fait jamais cavalier seul, mais s'accompagne toujours d'un amas graisseux. C'est pour cela qu'on l'appelle gynécomastie mixte. Pour l'enlever, le chirurgien plasticien va faire appel aux deux techniques qui sont la lipoaspiration et l'exérèse. En effet, la glande ayant une consistance dure ne peut être aspirée et un abord direct sera nécessaire. La cicatrice dépendra alors de la qualité cutanée du patient et de la quantité de peau au niveau du sein. Plusieurs cas peuvent ainsi se présenter :

- En cas d'absence de ptôse :

L'absence de ptôse mammaire signifie qu'il n'y a pas d'excédent de peau. L'aréole se situe donc à son emplacement habituel et l'incision se situera sur son pourtour inférieur. On parle de cicatrice hémi-aréolaire inférieur. Cet emplacement a été choisi exprès pour que la cicatrice soit la moins visible possible. En effet, à ce niveau, elle va se situer entre la peau pigmentée de l'aréole et la peau plus claire du reste de la poitrine. Suite à l'intervention, la cicatrice sera d'abord rosée et avec les mois, elle va se fondre totalement dans le pourtour naturel de l'aréole. Avec cette technique, le chirurgien utilise également des fils résorbables disposés de manière intra-dermique. Cela permet de n'avoir aucune trace extérieure visible.

- En cas d'excédent cutané modéré couplé à une légère chute de l'aréole :

Dans ce cas, que l'on peut qualifier d'intermédiaire, la chute de l'aréole n'est pas trop marquée et ne dépasse pas le sillon. Là encore, l'emplacement hémi-aréolaire de la cicatrice peut être tenté, mais sera couplé à une liposuccion pour enlever l'excès de graisse. Le patient devra par la suite porter un vêtement compressif semblable à un boléro pour que la peau se rétracte bien et finisse par épouser le muscle pectoral. Ce vêtement devra être porté pendant plusieurs semaines pour un résultat positif. Dans le cas où la peau ne s'est pas totalement rétractée, le patient peut demander un retrait supplémentaire au bout de six mois.

- En cas d'excédent cutané important couplé à une chute marquante des aréoles :

Si l'aréole tombe au-delà des sillons, l'intervention laissant une cicatrice hémi-aréolaire ne suffit pas. Plusieurs interventions visant à enlever l'excédent de peau seront nécessaires qui donneront des cicatrices plus ou moins visibles. Explication : même si le chirurgien enlève l'excédent de graisse de la glande mammaire hypertrophiée, les seins resteront tombants, mais vidés.

Le résultat esthétique pourra alors occasionner plus de gêne encore à cause de l'excédent de peau assez important. C'est pour cela que de d'autres opérations pour enlever totalement la peau dépassant devront être programmées au risque toutefois de se retrouver avec plusieurs cicatrices. Ce cas survient surtout chez les patients qui ont connu de nombreuses variations pondérales. Le patient devra alors choisir entre garder ses seins, se retrouver avec des seins plats, mais bas ou se retrouver avec de nombreuses cicatrices au niveau de la poitrine.

Si on devait choisir, quelle cicatrice choisirait-on ?

Il faut souligner que le patient a son mot à dire concernant la cicatrice qu'il va porter, mais cela dépendra aussi de l'examen clinique qu'il va passer. Ainsi, si on devait choisir, quel type de cicatrice devrait-on choisir ?

- La cicatrice verticale :

C'est la cicatrice qu'il convient de choisir si vous êtes sujet à une gynécomastie affichant une chute de l'aréole en bas du sillon. Ainsi, en plus de la cicatrice péri-aréolaire, cette deuxième cicatrice peut aider à remonter l'aréole à sa place habituelle. Le seul inconvénient est que l'utilisation de cette deuxième incision va donner comme résultat une projection de l'aréole et non une poitrine plate. Vous devez donc bien y penser avant de prendre une décision.

- La cicatrice au pourtour de l'aréole :

Cette cicatrice se situe sur tout le pourtour de l'aréole lorsque le chirurgien utilise la technique du round. On la sollicite souvent en cas d'excès cutané modéré ou de ptôse limité. L'inconvénient de cette technique c'est qu'elle laisse une cicatrice mal délimitée que les spécialistes appellent en « rayon de soleil ». Même au bout de plusieurs mois, cette cicatrice reste visible. Dans la majorité des cas, les chirurgiens recommandent le port de vêtement compressif pour un meilleur résultat, mais en général, la cicatrice reste lègèrement visible dans le pourtour de l'aréole.

- La cicatrice horizontale :

L'incision horizontale laissant une cicatrice horizontale est la méthode la plus adaptée pour corriger un excès glandulaire, graisseux ou mixte couplés à un excédent de peau important entraînant la ptôse mammaire. Le chirurgien fera appel à une mastectomie (retrait total de la glande) et à une liposuccion. Pour que la cicatrice soit la plus discrète et la plus courte possible, le patient sera opéré dans une position semi-assise. Jusqu'ici, la cicatrice horizontale offre la poitrine la plus plate possible.

Les mesures à prendre pour vos cicatrices

Les recommandations de rigueur concernant les cicatrices restent de mise quel que soit le type de cicatrice que l'opération vous a laissé. En ce sens, pendant les 6 premiers mois, il convient de ne pas exposer vos cicatrices au soleil ou du moins, de les couvrir au préalable d'un écran total à indice 50.

La chirurgie esthétique, notamment la correction de la gynécomastie fait, depuis longtemps, appel aux fils résorbables pour éviter qu'on vous enlève les fils plus tard.

Avant de corriger une gynécomastie, il convient de poser toutes les questions relatives à la cicatrice au chirurgien. Le patient est en droit de connaître les différents choix possibles et le médecin doit répondre à toutes ses questions, même les moins pertinentes.

 

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